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Missions humanitaires - Aide à l'enfance générale, Ethiopie par Franciane Gueneugues

Mission humanitaire, Ethiopie par Franciane Gueneugues Mission humanitaire, Ethiopie par Franciane Gueneugues Mission humanitaire, Ethiopie par Franciane Gueneugues Mission humanitaire, Ethiopie par Franciane Gueneugues Mission humanitaire, Ethiopie par Franciane Gueneugues Mission humanitaire, Ethiopie par Franciane Gueneugues

Par l’intermédiaire de l’organisation anglaise Projects Abroad, je suis partie 2 mois de septembre à novembre 2010, travailler comme bénévole retraitée dans un orphelinat à Addis Abeba, la capitale de l’Ethiopie. Après l’enseignement, je choisis l’humanitaire, plus proche des populations. Pourquoi l’Ethiopie ? Je suis passionnée par ces pays dont l’histoire se perd dans la nuit des temps et on y parle anglais, langue qui m’est familière. Pour des raisons personnelles et familiales également. Seulement 2 mois pour commencer car je ne connais pas la vie au quotidien en Afrique. Bien que j’aie demandé à m’occuper des enfants des rues, je me vois affectée dans un orphelinat. Ce sera donc une expérience nouvelle.

Le 15 septembre, c’est la saison des pluies qui n’est pas encore terminée. Des trombes de pluie inondent la ville. Des mares de boue se forment, les caniveaux débordent, des torrents d’eau déferlent. Spectacle effrayant pour moi à la descente de l’avion en pleine nuit. Je comprends mieux la nécessité d’avoir des 4x4 solides pour résister aux ornières des rues. Surtout que l’organisation a son appartement dans une maison entourée de bidonvilles. Bonne entrée en matière dans une ville africaine où le luxe des immeubles contraste avec les habitations de bric et de broc, de la tôle le plus souvent.

Le lendemain, un responsable éthiopien de l’organisation, Bikesegn, me fait visiter la ville en voiture, le conducteur brûle les feux rouges, la visite des musées et des hôtels utiles pour les européens (distributeur d’argent, piscines, sports) se fait au pas de charge. Le musée national d’archéologie où est la fameuse Lucy, notre aïeule vieille de 3 millions d’années, est parcouru en un quart d’heure. Je demande à mon guide pourquoi une visite si rapide ? Parce qu’il ne croit pas à l’évolutionnisme comme beaucoup d’Ethiopiens. Et pourtant l’Ethiopie regorge de traces de cet évolutionnisme !

La maison où je vais résider avec 3 autres volontaires est confortable et dispose d’une salle de bain. Aster et son mari et leurs 3 enfants, aidés d’une jeune fille, Tole, ont l’habitude de recevoir des volontaires. Nous communiquons en anglais. Au début je ne comprends rien entre tous les accents de mes partenaires éthiopiens, hollandais, danois, suisses et autres. Mais je finis par m’y faire. Les quelques inconvénients, pas d’eau chaude la plupart du temps, des coupures de courant le soir, ne vont pas altérer notre bonne humeur. Aster est une femme moderne, diplômée. Après avoir été conseillère d’éducation, elle gère 2 commerces, participe à la gestion d’un café-restaurant dans un parc qui sert pour les mariages principalement. Son mari, Molla, à la retraite, était géologue et a visité les principaux volcans de la planète. Aujourd’hui il continue à arpenter le sol éthiopien pour de futurs travaux d’aménagement.

Le premier contact avec l’orphelinat Enat Alem Orphanage est contrasté : les enfants de 1 mois à 3 ans sont en bonne santé. Ils sont bien nourris. Ils ont un suivi médical et ils sont vaccinés. Une quarantaine d’enfants répartis en 3 salles, 3 infirmières et des jeunes filles souvent en cours d’études. On est loin des famines de 73-74 et 83 et il est temps que les occidentaux changent leur vision misérabiliste de l’Ethiopie. Mais les conditions de vie restent précaires : pas d’eau chaude pour les laver. Pas de jouets individualisés. Ils sortent rarement dans la cour. Jamais de promenade dans la rue. Une immense porte ferme l’orphelinat, comme toute maison en Ethiopie. Il ne faut pas être claustrophobe.

Mes débuts sont très éprouvants. D’abord le personnel ne parle pas anglais ou très peu. Comme j’ai 62 ans, un âge très avancé ici, les jeunes filles m’avancent la seule chaise de la salle en permanence et voudraient que je reste à ne rien faire du matin au soir. Les 2 autres volontaires, une Hollandaise et une Allemande, sont jeunes, dans les 30 ans. Le bruit est épuisant : les femmes éthiopiennes parlent et rient très fort, à la limite des cris, les pleurs des bébés et la radio à fond sur de la musique entraînante créent un brouhaha inattendu pour des Européens habitués au silence des chambres d’enfant. Mais je m’y fais.

En quoi consiste notre travail ? Les soins habituels, les changes, les repas, et surtout les jeux, entre 7 et 8 heures par jour sauf le week-end. Je m’occupe aussi d’une petite handicapée polio et d’une sourde et muette, et des enfants de plus de 2 ans. C’est l’occasion de chanter les chansons traditionnelles françaises, « Alouette » reçoit tous les suffrages, ainsi que les berceuses bretonnes, la préférée : « Toutouig ».

Nous, les volontaires, apprenons à nourrir les petits avec nos doigts. La fameuse « Ingera », plat national ressemble à une immense crêpe de tef, une céréale proche du blé, qu’on rompt à la main et qui sert d’assiette et de couvert, dans laquelle on met la viande ou les légumes et les épices (très forts !). Les changes sont en coton mais quel travail, les laver, les mettre à sécher sur les innombrables fils à linge. Et les plastiques trop fragiles qui se déchirent à la moindre pression !

Les plus grandes joies : quand les bébés arrivés tristes et souvent dénutris commencent à sourire et à babiller. Quand ils font leurs premiers pas. Quand Arséma, la petite atteinte de polio, après 2 opérations, réussit à avancer ses jambes pour marcher et qu’elle s’agrippe aux ferrures des fenêtres à l’extérieur et peut enfin faire des signes aux enfants à l’intérieur. Auparavant elle passait ses journées sur une chaise.

Tristesse de savoir tel enfant atteint du sida. Tristesse aussi quand les enfants partent pour être adoptés même si c’est leur chance. Par contre, nous occidentales, nous ne comprenons pas les cas d’adoption quand les parents sont en vie. Notre culture préférerait un parrainage. Beaucoup d’enfants partent en Amérique, quelques-uns en Europe. Nous voyons passer beaucoup de familles qui viennent rencontrer leurs futurs enfants. Instants de grande émotion où l’enfant est quelque peu apeuré par tant de sollicitude à son égard et les parents maladroits ou trop en attente. Le personnel de l’orphelinat est très présent à ces moments délicats. Des journalistes occidentaux passent aussi photographier les petits pour les montrer aux donateurs.

En dehors de l’orphelinat, la ville est un spectacle permanent. Les rues sont toujours animées sauf la nuit où il ne fait pas bon traîner. Vendeurs, commerçants, mendiants et la foule des marcheurs mais aussi les habitants des rues, qui y dorment par terre ou sur des cartons. L’écart entre les maisons confortables et le dénuement des pauvres est saisissant. Mais chacun s’active à vendre quelque chose, des balais, des livres, des mouchoirs en papier, des bonbons mais aussi du kat, « herbe » en vente libre mais combien dangereuse pour la santé. Des milliers d’enfants sont là, à guetter un éventuel acheteur, de préférence l’étranger, le « farengi ». Les associations nous recommandent de ne pas acheter aux enfants. Peut-être sont-ils à l’école et ils risquent de la quitter croyant naïvement qu’ils peuvent vivre dans la rue des dons ou des ventes. Les mères, pour attendrir le passant, hélas, poussent leurs jeunes enfants à mendier. Les cireurs de chaussures sont les bienvenus quand on traverse des rues poussiéreuses ou bourbeuses. Le premier ministre a promis que la pauvreté aura disparu dans 5 ans. Bien sûr, personne n’y croit. Mais l’optimisme semble être de rigueur. L’Ethiopie est un pays émergent, elle essaie de se moderniser. Dommage qu’elle s’américanise de trop à mon goût et qu’elle reproduise les erreurs occidentales.

Régulièrement l’organisation Projects Abroad éthiopienne nous réunit pour faire le point, nous conseiller sur notre nutrition et nous aider si nécessaire, surtout les enseignants et les animateurs de sport car la pédagogie éthiopienne diffère des pays d’origine des volontaires. Elle nous invite également une fois par mois dans un restaurant traditionnel pour un repas, des chants et des danses typiques des différentes régions d’Ethiopie. Les danseurs et danseuses rivalisent de talent pour montrer à leur nombreux public ces fameuses danses au rythme syncopé qui secouent les épaules et le buste dans une cadence de plus en plus folle.

N’oublions pas la cérémonie du café (buna) en l’honneur des invités ou de la famille où, dans une odeur d’encens répandu dans la pièce, une jeune fille pile les grains avant de mettre la mouture directement dans la cafetière traditionnelle où le café va bouillir . J’ai adoré circuler dans les taxis brinquebalants et crachotants, admirative de la dextérité des conducteurs à éviter les nids de poule et amusée par le jeune « crieur », sorte de receveur qui perçoit l’argent et qui sort son buste hors de la vitre de la portière en criant le nom de la station suivante. Quel brouhaha quand plusieurs taxis se suivent ! Et aucun crieur ne tombe ! A côté, vous avez les luxueuses voitures, presque toujours de marque Toyota.

J’ai eu l’opportunité d’assister à des fêtes. Ainsi celle du Masqal en fin septembre, fête de la découverte de la vraie croix à laquelle les éthiopiens orthodoxes sont très attachés (40000 personnes en châle blanc dans le stade et un feu de joie qui entraîne la liesse populaire). Les offices religieux sont très suivis. Orthodoxes dans la région d’Addis et musulmans à l’est de l’Ethiopie. A l’aéroport, j’ai pu voir le héros sportif marathonien de l’Ethiopie, Haïlé Sébré Sélassié, très mince et frêle mais couvert de gloire (et d’argent : il possède plusieurs hôtels à Addis).

Les 2 mois sont vite passés. A regret je quitte les bébés, le personnel, les volontaires et la famille d’accueil. Un problème de visa retardera mon départ de 5 jours et je pourrai connaître les affres de l’administration éthiopienne qui est aussi obtuse que la française mais différente en subtilité. Heureusement comme je ne parle pas l’amharique (la langue officielle à côté des autres 80 langues et 200 dialectes…) Samson, un responsable éthiopien de l’organisation vient m’aider à obtenir le fameux sésame à l’office de l’immigration où une foule immense attend dans une queue interminable et résignée les cartes de séjour ou le droit de partir, des heures, des jours. La réalité de l’Ethiopie m’a éclaté en pleine figure : émigration des pays voisins et immigration des Ethiopiens pour un avenir meilleur. L’Ethiopie a aussi ses problèmes de sans papiers, il n’y a pas que l’Europe.

L’Ethiopie, des couleurs, de la joie, des chants et des danses, le plaisir d’être avec les autres et la famille. Il me reste à visiter le pays, ses lacs, ses montagnes, ses églises enterrées… Ce sera pour un deuxième séjour, avec, je l’espère, une mission auprès des enfants des rues cette fois.

Franciane Gueneugues

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