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Missions humanitaires - Aide à l'enfance générale, Argentine par Loïc Gimenez

Action sociale en Amérique Latine

Avant d’être un projet humanitaire, l’Argentine c’est d’abord un pays ! Je m’étais renseigné et je savais que, là-bas, c’est le printemps. Eh oui : nous sommes dans l’hémisphère sud et les saisons sont inversées ! Mais, en France à la mi-novembre, c’est quasiment l’hiver et je n’ai pu m’empêcher de rajouter dans ma valise deux pulls, des chaussures de ville, un jean un peu épais, au cas où… Mais j’ai oublié le principal : la crème protectrice contre le soleil car ici, à Cordoba, il fait 35, 36 degrés en moyenne. Tu marches en tongs et le soir tu oublies ton pull car vers 7 heures (du soir) il commence enfin à faire un peu frais.

Dans la maison où je loge, ma famille d’accueil était fière de me dire : « Aqui, en este barrio, hay muchos arboles ! » (dans ce quartier, il y a beaucoup d’arbres). Mais ce qu’ils ne m’ont pas précisé, c’est qu’il y a encore plus de chiens et ils aboient souvent - surtout la nuit - quand tu essaies de te reposer. En plus, il y a des oiseaux très bizarres qui sifflent comme des alarmes et enfin, ici, les voitures aux croisements ne ralentissent pas ; par contre elles klaxonnent, toutes. Alors, tu tentes de dormir, ce n’est pas facile au début ; mais tu te fais un peu aider : boules Quies, Lexomil. Au bout de quinze jours ça va mieux : tu t’es habitué… à moins dormir.

Avant ma venue en Amérique du Sud, je n’avais presque jamais pris le bus. Maintenant, au bout d’un mois, je suis devenu un vrai « pro » : j’ai mes 2 heures, quotidiennes, de colectivos (comme ils disent) pour me rendre à mes deux boulots. Et, j’ai surtout développé un sixième sens qui m’avertit quand il faut demander la « parada » (l’arrêt). Il faut dire que Cordoba, deuxième ville d’Argentine, compte près de 3 millions d’habitants et que les déplacements se font principalement en autobus. D’ailleurs, les chauffeurs de car ne te font pas de cadeaux : si tu es à seulement 10 mètres de l’arrêt officiel (rarement indiqué, d’ailleurs) ils ne s’arrêtent pas, même si tu leur fais des signes désespérés ! Maintenant, la carte d’abonné au bout des doigts, je tends négligemment le bras, et d’un air désabusé je monte dans le car.

Bénévolat auprès d'handicapés en Argentine

Lorsque je suis arrivé l’équipe de Project Abroad m’a accordé quelques jours… de repos après 25 heures de voyage ? d’accoutumance au pays ? d’intégration sociale avec ma famille d’accueil ? Avant de m’emmener rejoindre deux volontaires (filles) dans un endroit situé dans un quartier pauvre de Cordoba avec un conseil du jour : prends le minimum d’argent avec toi, laisse ta montre et tes bijoux.

Là, dans cette salle des fêtes, nous accueillons tous les après-midi, des jeunes de 2 à 13 ans pour les faire goûter, et les occuper par des jeux; mais ça, ce n’est pas gagné ! Au début, tu confonds les visages, tu te mélanges entre les prénoms, les surnoms, tu les fais répéter 10 fois pour les mémoriser mais ils parlent trop vite pour toi. Une semaine après ça va bien mieux, tu connais même le caractère de chacun. Les enfants eux, ce sont des habitués : ils en ont vu passer des voluntarios, alors toi ou un autre ; de toute façon ils savent d’avance que tu ne resteras pas.

Mission humanitaire en Argentine

J’ai donc dû, comme les autres qui sont passés avant moi, me faire accepter par ces gosses. Mais pour cela il faut d’abord se faire respecter, c’est d’ailleurs affiché en gros au mur « Respetar a los profés » (respecter les profs). Pour moi, ce fut plus facile que les autres bénévoles (moyenne d’âge : 20 ans) car j’ai de la bouteille : 58 ans, quatre enfants et je parle bien l’espagnol.

Parmi tous ces gamins qui passaient par Copa de leche (tel était le nom du local) deux d’entre eux m’étaient particulièrement attachants. Jésus, le premier, est un cumulard : c’est le plus jeune de sa famille qui comporte 10 frères et sœurs ; il a huit ans mais son âge mental est de quatre – il n’arrivait même pas à faire un puzzle de Mickey – il y a deux ans on lui a retiré un rein et il est obligé de prendre des médicaments tous les jours. Sa mère, Maria, nous aide dans la gestion quotidienne (elle est la gardienne des clefs, elle nous donne aussi de la glace pour rafraichir les boissons, un peu de ménage…) j’ai voulu la remercier en lui offrant un petit cadeau. En repartant avec lui pour ouvrir le local, il m’a dit d’un ton entendu : « tu eres el novio de mi mama ! » (tu es le fiancé de ma maman).

Le second c’est Alexis, mais tout le monde le surnommait Bambino. Il n’a pas de main gauche, c’est de naissance, et, au bout de son moignon il a des embryons de doigts mais vraiment minuscules. On s’entendait très bien tous les deux. Un jour pourtant, un garçon que je n’avais jamais vu jusqu’à maintenant, s’est ramené avec un vélo. Un vélo sans frein. Avec Bambino et quelques autres nous sommes sortis pour admirer sa bécane ; tout de suite un concours s’est réalisé à celui qui ferait le tour de la place le plus rapidement possible. Moi, j’étais le chronométreur officiel et j’annonçais les temps à chaque arrivée. Les enfants se sont très vite excités et moi aussi : on hurlait des encouragements à celui qui effectuait le circuit. J’ai même vu au départ des poussettes, comme au Tour de France. Nous reprenions en cœur : « Te vas a caer ! Te vas a romper los dientes ! » (Tu vas tomber ! Tu vas te casser les dents !). Tout le monde criait, chacun voulait passer avant son tour. Et, je ne sais pas ce qu’il m’a pris, mais j’ai dit à Bambino : « tu peux y aller, je sais que tu peux le faire ! ».
Et vous savez ce qu’il m’a répondu : « si, si ! » avec un grand mouvement de tête. Je sais qu’il ne m’en a pas voulu car il y croyait vraiment et moi aussi… à ce moment-là.

Toutefois, travailler juste l’après-midi ce n’était pas suffisant pour moi, j’ai demandé à être utile aussi le matin. Le staff de Project a été étonné par ma requête, en effet pratiquement pas de bénévoles travaille la journée entière. Ils m’ont donc proposé d’œuvrer, à la chaîne dans un atelier de fabrication d’aliments, avec des handicapés.
« Lesquels ? » ai-je demandé
« Les deux mon capitaine ! ».

Aide sociale à l'enfance à l'étranger

Le premier jour, j’étais très inquiet car d’abord ici, dans cet atelier j’allais être seul (pas d’autre bénévoles) et puis je me posais plein de questions : quels handicaps avaient-ils ? Serais-je capable, avec mes mains de bureaucrate, d’élaborer des aliments ? Et puis quels aliments ils fabriquent ? Est-ce que je vais les comprendre quand ils me parleront ? J’ai été rassuré très vite, tout s’est très bien passé. Beaucoup mieux, je suppose, que si cela avait été le premier jour avec une équipe de gens « normaux ». Ils sont heureux eux, de t’enseigner leur savoir-faire. Tu leur poses des questions techniques, ils te répondent. Bon ! OK ! Tu ne comprends pas tout mais, au moins, le geste est là. Il leur arrive même parfois de plaisanter entre eux sur leur handicap et j’ai fait comme eux, nos mains sont occupées c’est vrai ; mais ça ne nous empêche pas de parler et de rire.

Quinze jours plus tard… A l’heure de la fermeture de l’atelier une mère vient, comme d’habitude, chercher sa fille retardée mentale – elle n’a pas suffisamment d’autonomie pour prendre toute seule l’autocar – nous nous sommes retrouvés à l’arrêt du bus et, j’ai engagé la conversation :
« Votre enfant travaille très bien à l’atelier ! »
« Est-ce de naissance son infirmité ? »
« Le bus pour Cordoba s’arrête-t-il bien ici ? »
Etc…
A un moment, elle me brandit sa carte plastifiée pour voyager dans le bus, et elle me dit :
« Pourquoi vous n’avez pas la carte réservée aux discapacitados (handicapés), pour voyager gratuit ? ».
Alors là, je me suis dit, mon vieux tu es vraiment bien intégré à l’équipe !

Virginia, la directrice du centre, a souhaité que je vienne un jour, où normalement je ne suis pas avec eux, pour participer à leur réunion de fin d’année ; c’était la veille de mon départ. Nous étions tous assis en cercle, à l’écouter donner des consignes pour l’atelier, des précisions pour préparer leur voyage annuel… Elle leur a demandé s’ils avaient des questions, pourtant aucun n’a souhaité intervenir. Elle a donc conclu en disant que Luis (normalement c’est Loïc, mais en espagnol ce n’est pas évident à prononcer) s’en retournait demain en France après un mois.

Emanuel a alors levé le doigt pour dire combien je m’étais intéressé à son travail et qu’il en avait été flatté. Le grand José s’est levé – lui qui parle peu – et m’a serré dans ses bras. Monica, a fait rire l’assemblée quand elle dit que je l’appelais, comme les autres, par son diminutif : Moni, Moni !! Puis Diego, juste deux chaises à côté, s’est adressé à moi tout en se frappant le cœur avec son poing. Puis Sacha, puis Juan, puis Mariano, et même Damian siempre en la luna sont aussi intervenus. Tous souhaitaient me dire un mot, l’équipe d’encadrement n’en revenait pas. Moi non plus, la gorge serrée je n’arrivais plus parler, à remercier, les larmes me sont venues aux yeux. Mais je n’ai pas pleuré : soy un hombré, no !

Loïc Gimenez

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