Feedback
Vous semblez intéressé(e) par nos projets! Souhaitez-vous nous en dire plus ?
Avec plaisir! Pas maintenant, merci.

You are from: United States, Go to our American website.

aide humanitaire
Appelez-nous au :
+33 (0)476­ 57 18 19
info@projects-abroad.fr
aide humanitaire

Journalisme - Journalisme général, Bolivie par Tania Delamotte

Etudiante à Audencia, Ecole de Management de Nantes, Tania est partie avec une amie, Caroline, passer 9 mois en Amérique Latine dans le cadre de son API, « Année de Projet Individuel ». Grâce à cette possibilité laissée aux élèves de monter et réaliser leur propre projet, Tania et Caroline ont successivement expérimenté l'enseignement du français au Chili, le journalisme en Bolivie, et l'archéologie au Pérou. Dans cet extrait de son rapport rendu à l'école après son retour, Tania nous livre un aperçu de ce qu'elle a vécu sur place, et explique ce que son expérience lui a apporté.

Avant de partir
Partir en API (Année de Projet Individuel) pendant neuf mois ne s'improvise pas et demande un gros effort d'organisation et de rigueur. Trouver une association adéquate dans le bon pays et avec des missions intéressantes ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Il s'agit ensuite :

  • - De s'occuper de trouver les billets d'avion les plus économiques
  • - De s'occuper de l'arrivée sur place (prévoir de l'argent, organiser qui viendra nous chercher, avoir un numéro à appeler en cas de problème ou de retard, etc.) ;
  • - D'organiser une ébauche du parcours souhaité en fonction des limites financières et du temps libre dont nous disposions, et donc de trouver un équilibre entre nos envies et nos moyens ;
  • - De trouver comment financer un tel voyage, d'autant plus que l'association avec laquelle nous sommes parties était payante,
  • - De se renseigner sur les pays visités afin de répondre à beaucoup de détails techniques : vaccins, assurance, équipage, visa, etc. Le départ en lui-même est également une expérience plutôt difficile à passer. Si toute la préparation est une partie très excitante, le moment du départ, où l'on se rend enfin compte que l'on va se séparer de tous ses proches pendant une longue période, partir à l'inconnu, m'a demandé beaucoup de courage et de maturité.

Pendant la mission

Ces neufs mois ont été très riches en expériences diverses et donc très formateurs. Voici les plus importantes compétences acquises et les expériences qui les expliquent.

Ouverture vers d'autres cultures et milieux sociaux.
J'avais certes déjà une certaine ouverture culturelle du fait de ma double nationalité franco-allemande, que l'API n'a fait que renforcer avec une adaptation à des pays bien plus différents de la France que l'Allemagne ! Il n'y a pas une expérience en particulier qui explique cette ouverture grandissante à cette culture, c'est plutôt l'insertion dans une ville et dans la vie quotidienne d'une famille locale qui en est à l'origine : respect des horaires de travail, ou des repas, utilisation des moyens de transports publics, apprentissage de la langue, adaptation à des détails dans le mode de vie (par exemple le papier toilette ne se jette pas dans les WC ), adaptation à la nourriture locale (même si ce dernier élément a été la cause de multiples problèmes de santé, et j'ai été très heureuse de découvrir un restaurant de fromage à Cochabamba !).

Ouverture également, à de nouveaux milieux sociaux avec en particulier les cours donnés auprès de femmes en prison au Chili. Cette ouverture s'est traduite par l'apprentissage d'un vocabulaire très spécifique. En effet, les chiliens parlent déjà un espagnol difficile à comprendre mais l'argot des prisons est encore plus compliqué. Les détenues se sont fait une joie de me l'enseigner et j'ai essayé d'apprendre avec soin !

Sens du travail en équipe et capacité à travailler avec des personnes d'autres cultures.
J'ai été amenée à plusieurs reprises à travailler en équipe. Tout d'abord au Chili, lors de l'organisation de la Summer School, où nous avons du mettre au point les cours à enseigner. En ce qui concerne les cours de français que nous avons préparés avec Caroline, cela a été fait dans les règles de l'art français au dernier moment dans un café. En revanche nous avons rédigé les cours d'anglais avec des Allemands, et le travail a été fait bien plus régulièrement avec des réunions de travail planifiées tous les 2/3 jours.
De même en Bolivie, j'ai été amenée à écrire des articles en commun et à préparer une émission de radio avec un Italien. Ce fut l'occasion de constater qu'effectivement les préjugés sont bien fondés, puisque contrairement au travail avec des Allemands, c'est moi qui ai dû mettre la pression pour que le travail soit fait en temps et en heure.
Au Pérou, nous avons organisé un tournoi de volley avec l'ensemble des volontaires. C'est essentiellement un américain qui a pris l'organisation en main et a partagé les tâches. Il avait une attitude très fédératrice et nous a par exemple inventé un cri de guerre pour « motiver les troupes » en particulier lors de tâches les plus ingrates comme couper l'herbe d'un champ avec des ciseaux !

Autonomie et responsabilité
Ce voyage a également été l'occasion de faire preuve de responsabilité et d'autonomie. Responsabilité par exemple en prenant en charge une classe entière avec pour mission de lui enseigner quelque chose. Autonomie dans le sens où j'étais seule face à mes décisions. J'ai choisi par exemple de voyager un peu seule, et cela reste un de mes meilleurs souvenirs avec notamment la rencontre dans un bus d'un sociologue péruvien avec qui j'ai passé la totalité des douze heures de voyage à discuter.

Force de caractère et flexibilité dans des situations difficiles
Il est indéniable qu'un tel voyage passe par un certain nombre de difficultés face auxquelles il est impossible de baisser les bras. La première grosse difficulté à laquelle j'ai eu à faire face a été le soir de Noël eu Chili. En effet, en rentrant dans la maison de la famille d'accueil ce soir là, j'ai surpris le père de famille en train d'essayer de me voler de l'argent. Il a fallu rebondir tout de suite malgré le choc (il s'agissait de personnes auxquelles nous faisions entièrement confiance), et nous avons décidé de quitter cette famille dès le lendemain.
Une autre difficulté que j'ai rencontrée a été de réussir à m'imposer face aux élèves chiliens de 14/15 ans. J'ai cherché des méthodes pour capter leur attention comme travailler à base de musique (avec des chansons de U2) notamment, avec des jeux, mais j'ai surtout essayé de trouver leur confiance plutôt que de devenir un professeur tyrannique ! Cette expérience a été véritablement enrichissante même si elle est passée par plusieurs moments de désespoir où j'ai voulu abandonner. Elle s'est cependant achevée sur le constat d'un niveau d'anglais très faible des enseignants, et d'une absence totale d'autorité contre laquelle rien n'est entrepris.

Au Pérou, où la mission s'est déroulée dans un village très petit et très pauvre, la plus grosse difficulté a été d'établir un réel contact avec les villageois qui nous prenaient pour des entrepreneurs chiliens venus piller leurs richesses. Une relation de confiance a été peu à peu établie avec les multiples projets de communauté que nous avons réalisée, mais aussi avec la participation active à toutes les fêtes du village et de la région. Après deux mois nous payions enfin les vrais prix à la petite épicerie ! Mais cette relation de confiance reste néanmoins fragile et demandera encore beaucoup d'efforts de la part des futurs volontaires.

Enfin, j'ai pu forger ma force de caractère au cours de certaines missions en Bolivie où j'ai été envoyée pour faire des photos de manifestations et où j'ai eu à m'imposer face à certains manifestants et policiers en leur prouvant que j'étais là pour la presse et non une simple « gringa » venue faire des photos souvenir. J'ai également été envoyée réaliser des photos d'un crash de bus qui a fait 36 morts, cela a été une expérience très difficile et émouvante, au cours de laquelle j'ai dû rester très professionnelle. Elle a été l'illustration du problème des bus en Amérique du Sud. Les routes de montagne en Bolivie et au Pérou sont très étroites, elles sont souvent endommagées par des glissements de terrain et les chauffeurs ont un véritable problème d'alcoolémie. Avec plus de 300 heures passées au total dans des bus pour voyager nous avons vécu des situations plutôt mémorables : en Bolivie notre bus est resté coincé dans la boue et tous les passagers sont descendus pour le pousser, au Pérou nous avons traversé un glissement de terrain, un des chauffeurs a également fait une course avec un camion sur une route de montagne très étroite ! C'est en Bolivie que se situe la « route la plus dangereuse du monde », où chaque année une quarantaine de véhicules tombent dans le vide. Cette route est même devenue une attraction touristique pour quelques fous qui s'engagent dessus en vélo.

Enfin, ce voyage a sans aucun doute permis de développer mes compétences linguistiques : en anglais pour communiquer avec les autres volontaires, et en espagnol pour communiquer avec les familles d'accueil et les locaux.

Au retour de mission

Adaptabilité et sociabilité
Après un tel dépaysement de neuf mois, le retour à la « vie normale » avec des recherches de stage, des quizz, des présentations PowerPoint est plutôt étrange. Il s'agit maintenant de se réadapter à notre ancien train de vie. Si cela ne pose pas tant de problèmes, c'est plutôt l'effort de sociabilité à fournir en se retrouvant dans une nouvelle promotion soudée depuis un an. Heureusement nous nous « serrons les coudes » aussi entre APIstes !

Tania Delamotte

Retour à la liste des témoignages

Appelez nous :
04­ 76 57 18 19
  • Contactez-nous
    Envoyer Plus d'options
  • Découvrir
    nos brochures
  • S'abonner Plus d'options
  • Chatter en ligne
Haut de la page ▲