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Enseignement, Ghana par Julie Bertrand

Aider des enfants en Afrique Julie dans le centre pour enfants défavorisés Julie dans une autre famille locale S'occuper de bébés dans l'orphelinat au Ghana Mission humanitaire au Ghana Julie et sa famille d'accueil ghanéenne

Partir. Je me souviens de ce qui n'était encore qu'un projet, il y a déjà deux ans de cela. Un simple projet qui est aujourd’hui devenu la plus belle aventure de ma vie. Ce n'était pas l'envie qui me manquait, à l’époque. Plus encore, c'était le besoin qui me tenait. Evoluant dans une société de consommation soumise à un monde d'apparat et de non sens, devenir utile à une cause significative me devenait, à cette période de ma vie, essentiel. En naviguant sur la toile, j'ai, entre autres, déniché le site de Projects Abroad. A force de comparaisons, je me suis décidée à partir avec cette organisation, qui semblait offrir de multiples avantages pour une première expérience humanitaire. J'ai choisi de m'envoler au Ghana pour une parenthèse utile d'une période de huit mois. Je me suis dit que plus longue serait la durée du voyage, plus fort serait l'impact sur le terrain comme sur moi même.

J'ai alors divisé mon année en Afrique en deux temps. La première moitié de mon séjour a été dédiée à une mission humanitaire ayant lieu dans un orphelinat. La seconde m'a quant à elle donné la possibilité d'enseigner dans un centre pour enfants défavorisés. A l‘approche de mon départ, je n’ai eu que peu d’appréhension tant l’envie de m’évader était intense. Je ne réfléchissais plus qu’au moment présent, celui au cours duquel j’allais changer ma vie. Je savais qu’après une séparation déchirante d’avec une famille avec laquelle je suis extrêmement proche, foncer tête baissée était la meilleure chose à faire. J’ai atterri au Ghana à 11h du soir. L’air chaud de l’Afrique m’a pourtant saisie pour ne plus me quitter l’espace des quelques mois les plus formateurs de ma vie.

J’ai donc eu l’occasion de partager la vie de deux familles d’accueil différentes. L’humilité de certains de mes hôtes m’a bouleversée… Ces gens ont été les premiers à éveiller ma conscience, ils m’ont beaucoup apporté et je me considère maintenant comme l’une des leurs. J’ai en effet tissé des liens très forts avec certains autochtones. Ca n’a pas toujours été facile à cause du choc culturel auquel j’ai dû faire face. En effet, les mentalités sont différentes et en tant que petite française n’ayant que des yeux fermés sur le monde, je ne me suis pas sentie de suite à l’aise dans une société où les gens agissent différemment. J’illustrerai ce fait par un simple exemple : à Paris, un regard un peu trop insistant dans le métro sera souvent interprété comme une agression /dans un trotro, aussi persistant que votre regard puisse être, on vous répondra avec un sourire, une amorce de conversation... Ou une demande en mariage! Là-bas, les gens s'aiment et le montrent, qu'ils entretiennent des relations proches ou non. Les faux semblants n'existent pas.

J’ai également tissé de forts liens d’amitié avec certains volontaires. Ce qui n’était pas évident au début de mon aventure. En effet, sachant que la faiblesse des français est l’apprentissage de l’anglais, je ne pouvais pas correctement communiquer avec mon entourage. J’étais horriblement frustrée, le fait de savoir que je n’étais qu’au début d’un périple qui me semblait à ce moment là plus difficile que prévu n’arrangeant rien, je me sentais isolée, ne pouvant exprimer ma vraie personnalité. Mais, en tenant mon journal, je me suis vite rendue compte de ma constante et positive évolution. Après quelques semaines, il m’est devenu plus aisé d’établir une communication épanouissante et c’est là que j’ai pu commencer à tisser de vraies relations. Celles qui ont été les plus intenses et les plus formatrices resteront celles que j’ai entretenues avec les enfants que j’ai rencontrés.

Lors de ma première mission, à l’orphelinat, j’avais la possibilité de réaliser plusieurs tâches. Je pouvais m’occuper des bébés, changer leur couches, les faire manger, les laver, je pouvais également aider en cuisine et au service. En tant que volontaire, je pouvais aussi organiser des activités d’éveil et de récréation pour les jeunes enfants, comme le coloriage, la lecture d’histoires, ou simplement des jeux que nous inventions. Il est impératif de prendre des initiatives pour rendre l’expérience enrichissante. J’ai donc eu l’idée d’organiser des cours de chanson française avec une classe qui correspondrait au CE2. Je suis persuadée qu’ils n’oublieront jamais la gentille Alouette. Je ne savais d’abord pas comment me comporter avec ces petits si différents de ceux que nous connaissons. Puis, avec les jours, c’est devenu évident. Certains d’entre eux sont devenus très proches de moi et les quitter pour d’autres faisant partie d’un autre projet m’a bouleversée.

Lors de ma seconde mission, j’ai dû enseigner les bases de l’anglais et des maths à des enfants trop pauvres pour obtenir une éducation dans une école normale. J’ai littéralement adhéré au centre, aux personnes qui le rendent opérationnel au quotidien ainsi qu’aux petits élèves qui le remplissent. Les soucis que j’ai pu rencontrer n’étaient que langagiers. C’est parfois difficile de fournir une explication compréhensive quant à la façon de multiplier lorsqu’on a un vocabulaire déficient. Malgré cela, c’est avec cette expérience que je me suis le plus épanouie, je remercie cent fois Projects Abroad de m’avoir placée dans ce centre-ci. Entreprenant moi-même une carrière en tant que professeur des écoles, cette mission m’a permis d’ouvrir les yeux sur la difficulté du travail mais aussi d’affermir ma volonté de le pratiquer. Mon départ approchant, j’ai eu la vive envie de poursuivre ma collaboration avec cet établissement qui m’avait tant apporté. J’ai décidé d’en être la représentante française et de parrainer deux enfants auxquels je m’étais particulièrement attachée et qui me manquent actuellement terriblement.

Vivre au Ghana peut paraître difficile à certains égards mais une fois dépassées les appréhensions et les barrières culturelles, cela devient juste immanquable. Je m’y suis professionnellement, personnellement et humainement épanouie, les premiers acteurs de mon évolution restant les enfants. Je leur vouerai une admiration éternelle. Leurs sourires et leur sincérité sont les lames les plus aiguisées capables d’atteindre le cœur d’un être humain. Ca vous transperce une âme. En face d’eux, c’était moi l’enfant, celui qui n’avait jamais réalisé qu’il avait été gâté par une société égoïste. Cet enfant qui était en moi a alors pris une belle leçon d’humanité.

Lors de mon départ pour la France, je ne réalisais rien. Les adieux ont été difficiles, j’avais l’impression d’abandonner un projet pour lequel je vivais à cette période. Je me suis rendue compte que je n’avais jamais vraiment imaginé une vie après mon séjour au Ghana. Je suis revenue, j’ai retrouvé ma famille adorée, ainsi que le sol français. Mais je n’étais pas vraiment heureuse. Ce retour aux sources m’a paralysée deux mois durant. Je n’avais pas prévu un choc culturel inversé si intense et même si l’on m’avait prévenu de son éventuelle violence, je l’ai reçu en pleine face. Il est bien plus difficile à gérer que le premier, celui que vous vivez lors de votre arrivée en pays inconnu.

Maintenant tout va mieux, j’ai retrouvé mes proches, j’ai de nouveaux projets, je m’apprête à retourner à l’école, mais rien ne remplacera cette Afrique qui a constitué selon moi l’école de la vie, l’école de ma vie. J’ai énormément mûri, je sais désormais qui je suis, qui je veux devenir, où je vais et pourquoi. Je suis surtout très heureuse de pouvoir poursuivre mon engagement humanitaire avec ce Ghana qui m’a formée, qui me manque et que je reverrai plus que certainement.

Puisque je dois terminer, je dirais que j’ai traversé en terre africaine autant de hauts épanouissants que de bas constructifs, le tout formant un condensé de vie exceptionnel... en ajoutant à cela que ce qui a été le plus difficile dans cette aventure, c’était d’en revenir.

Julie Bertrand

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